Le Château

Des murs se sont élevés pour protester contre une naissance peu amène. Basse, à condition, sans terre, de nature, une naissance à la vie comme un souffle dans le vent. Être porté. Déporté. Une naissance qui ne donne pas d’assurance.

Les murs du Château sont des briques de rêve entassées pour résister. Solides et terrifiantes. L’apparence d’ouverture dans la cour, dans le parc, la perspective aérée traversant les grands arbres qui bordent son allée principale ne cachent pas longtemps la force de son enfermement.

Le Château, il est là. Solide. Immuable. Familial. Ses portes se referment sans bruit sur les secrets de toujours. Il cache entre ses seins de tour, dans sa vulve de pont-levis, dans son arrière-train de basse-fosse, il cache dans l’eau calme de ses douves des misères passées qui ne refont surface.

Et protège, et fait croire, et permet de grandir en fausse sécurité – puis un jour se révèle, s’écroule et se démet. Redevient le mystère embrumé, le rêve calciné d’enfant démuni face à l’absence d’enjoué qui grisaille ses murailles.

Le Château, lui, survit.

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