Le Château, la porte

Ah. Voilà. Sombre et solide, massive et hautaine, la porte s’impose.

Que faire ?

F… incline la tête, rabat le menton sur sa poitrine, resserre les épaules. Il attend. Il ne lui revient pas de cogner, frapper, taper, se manifester. Il inspecte les fibres de la porte, le lignage du bois ancien, les années arrachées qui se devinent sous les cercles concentriques dont on voit les traces poindre, par endroits, sortant du plan pour venir dans l’air reconstituer leur unité. L’arbre a été tranché, les cernes ont été brisés, mais F… ne peut s’empêcher de les sentir s’arrondir comme des bras de tendresse qui recréent autour de lui un tronc majestueux. Un tronc chaud et rassurant qui l’enferme, dans lequel il restera, lui, petit. A venir. A Bientôt. La résonance des écorces lointaines, la vibration des fibres tendues sont ses accompagnatrices, alors, une dernière fois s’adosser, se laisser aller, se recroqueviller, et puis s’endormir. Une dernière fois dans le ventre de bois se laisser porter. Se laisser faire. Être à l’attente.

Mais, fugace. Mais, disparaît. Mais les impossibles retours en arrière. Les cercles imaginaires s’effacent et F… se retrouve sans protection face à la porte. Toujours massive. Toujours hautaine et sombre. Alors, oui, il faut. Alors, rentrer plus le menton, serrer mieux les épaules et, d’un hochement de tête, montrer qu’on y est. Et qu’on est prêt. Et toquer.

Et sentir que la porte s’ouvre.

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