Le tapis d’or

L’automne a dénudé le ginkgo d’une brise âpre. Au sol, les feuilles mordorées masquent les fruits écrasés aux émanations putrides.

L’œil du passant cherche l’arbre et rencontre le tronc, malingre, les bras, dépouillés, les mains griffues qui tenaient la richesse. L’arbre hoche dans le ciel, son axe planté dans la litière amassée, millefeuille bruissant qui décompte le temps et vague aux vibrations du vent.

Le pied du passant trouble la mare d’or. Il troue la surface, éclabousse et dérange les écus dépensés qui flottent et volètent. Les éventails se dispersent en une, deux, trois vagues qui s’enroulent dans le vent puis retombent.

Le calme revient. Les vagues se dissipent. Les feuilles s’apaisent. Une feuille nouvelle se pose sur ses sœurs.

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